Alors que le conseil municipal de Bezons a élevé le Palestinien Majdi Irhima-Al-Rimawi au rang decitoyen d’honneur de la ville, le préfet Jean-Luc Nevache condamne. Il rappelle que l’intéressé a été condamné à 80 ans de prison pour sa participation à l’assassinat d’un ministre israélien en 2001 à Jérusalem. Une célébration de l'amitié entre Bezons et la commune de West Bani Zeid pour l'un, « un manquement à l’obligation de neutralité républicaine » pour l'autre. Dominique Lesparre, maire PCF de Bezons, répond à ceux qui ont décidé de remettre en cause la décision de son Conseil municipal de déclarer Majdi Irhima-Al-Rimawi, « résistant à l'occupation de son pays », citoyen d’honneur de la ville. En première ligne, le préfet Jean-Luc Nevache condamne vivement le comportement de la municipalité « alors que ne pouvait être ignorée l’implication de l’intéressé dans l’assassinat d’un ministre israélien en 2001 à Jérusalem et sa condamnation à 80 ans de prison ». Le maire, lui, se défend, expliquant que sa commune « a souhaité prendre toute sa part à l’élan de solidarité qui, sur la planète, mobilise des millions de citoyens ». « Qu'aujourd'hui, cet acte de solidarité suscite des réactions hostiles parmi certains partisans de l'occupation des territoires palestiniens n'est pas pour nous étonner », lance le maire de Bezons, qui rappelle de son côté « l'importance des nombreuses décisions de l’ONU, à ce jour jamais appliquées, condamnant l'occupation de la Palestine et mettant en demeure l'Etat israélien d'y mettre un terme ». Qu'importe, pour Jean-Luc Nevache, « cette initiative, présentée comme la célébration des liens d’amitié et de coopération qui unissent la ville de Bezons avec la commune de West-Bani-Zeïd n’a rien à voir avec la coopération décentralisée et constitue un manquement à l’obligation de neutralité républicaine ». Il estime ainsi que l'exigence de l'Etat « de favoriser les relations de confiance et de respect mutuel entre les uns et les autres ne peut qu’être fortement contrariée par une décision qui contrevient gravement au message de sérénité et de tolérance que les élus de la République ont le devoir de porter ». C'est pourquoi les services de la préfecture analysent désormais « les conditions d’un éventuel déféré de cette délibération municipale devant le tribunal administratif au titre du contrôle de légalité ». |