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Mardi 04 Août 2020

« Mes concitoyens, que je rencontre fréquemment en cette rentrée, me parlent souvent du chômage. Ils me parlent au moins aussi souvent du pouvoir d’achat, de leur niveau de vie qui baisse, de leur sentiment, insupportable, de travailler dur, parfois de cumuler des emplois, sans parvenir à boucler les fins de mois. Un récent sondage de l’Institut CSA confirme ces multiples rencontres : 2 Français sur 3 considèrent que leur pouvoir d’achat a diminué au cours des 12 derniers mois.
Il ne faut pas se tromper de combat. Lutter contre le chômage ne passe pas nécessairement par la fiscalisation des heures supplémentaires. En période de stagnation économique, on l’a constaté, cela ne crée pas d’emploi.
Lutter contre le chômage, c’est permettre aux sans-emplois de suivre une formation qualifiante, c’est lutter pour le redressement productif, c’est développer la formation professionnelle qui évite aux salariés tout déclassement et sous-qualification. Lutter contre le chômage, c’est, par exemple ouvrir le dossier de la réorientation d’une partie des fonds publics alloués à la formation professionnelle – 31 milliards d’euros tout de même – vers la formation des demandeurs d’emplois. Lutter contre le chômage, c’est, autre exemple, orienter ces formations sur les secteurs économiques porteurs et les mettre en cohérence avec les besoins des entreprises pour combattre cette double pénurie, de salariés qualifiés d’un coté et d’emplois, de l’autre.
Augmenter le pouvoir d’achat des salariés, en particulier des plus modestes d’entre eux, c’est le sens du combat historique de la Gauche. C’est pourquoi je crois que c’est aujourd’hui le devoir de la majorité parlementaire de rouvrir le dossier de la défiscalisation des heures supplémentaires.
Le fait qu’elle figure, aux yeux de beaucoup, dans le triste héritage du quinquennat de N. Sarkozy ne doit pas nous empêcher d’être pragmatique. D’abord, en faire le fanion de l’action de l’ancien maire de Neuilly révèle une vision simpliste de la politique fiscale menée sous le précédent quinquennat, qui fait par exemple l’impasse sur le bouclier fiscal et l’important manque à gagner qu’il a représenté pour l’Etat.
Ensuite, cela traduit une confusion entre la fin et les moyens. La défiscalisation des heures supplémentaires lancées comme hochet pour tenter de faire gober des mesures profondément injustes, des cadeaux aux plus riches d’entre nous, n’a pas grand chose à voir avec une défiscalisation qui permet de répartir, dans la justice, l’effort des français pour le redressement.
Alors que la TVA augmentera en janvier 2014 pour financer le crédit d’impôt compétitivité-emploi de 20 milliards d’euros accordé aux entreprises, alors que le gouvernement a annoncé à l’université d’été du Medef que les efforts demandés aux entreprises dans le cadre de la réforme des retraites seraient compensés, les ménages ne peuvent pas être les laissés-pour-compte de la politique fiscale. Comme la réforme fiscale redistributive, engagement n°14 du programme présidentiel de François Hollande, la défiscalisation des heures supplémentaires constitue un moyen d’atteindre notre objectif de justice. Ça n’est pas parce que la première somnole encore dans les cartons de la haute administration de Bercy que nous ne pouvons pas réouvrir la discussion sur la seconde.
Dans un peu moins de quatre ans, les classes populaires et moyennes, celles-là même qui ont permis à François Hollande d’accéder à l’Elysée, ne nous jugerons pas sur notre faculté à nous mettre d’accord ou sur l’intensité de nos débats internes. Elles nous jugerons sur notre aptitude à défendre leurs intérêts. Elle nous jugerons sur notre capacité à leur réouvrir les portes de l’avenir.  Qui peut sérieusement nier que le pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes est une des clés de ces portes ? Alors, au travail, avec pragmatisme. »

 
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